vendredi 30 juillet 2010

Le requiem des anges


Fanatiques Vertus, vous pleurez ? C’est tant mieux !
Jérusalem a froid, cette ville me hante,
Dites-moi, Chérubins dont les cœurs sont si vieux,
Votre Père est-Il sourd ? Nazareth se lamente !

« Non » me répondent-ils, des larmes dans les yeux,
« Dieu n’est qu’une tempête orageuse et battante,
Un Archange éternel tombé trop loin des cieux,
Une croix de granit immortelle et sanglante. »

Séraphins enivrés sous la Lune blafarde,
Que vous me semblez noirs et puissants à la fois !
Vos armes sont rouges de la pointe à la garde.

Devrons-nous aimer Dieu jusque dans son exil ?
« Oui » me répondent-ils, des sanglots dans la voix,
« Si Dieu n’était pas là, que nous resterait-il ? »


Agarwaen

Le chant du cygne


Entends-tu s’élever le chant du cygne ?
Ce chant dernier caresser les étoiles,
L’entends-tu ? Vois, les Séraphins se signent,
La lune se meurt, la Vierge se voile,

L’aube dernière illumine les cimes,
Le bel oiseau ébroue son blanc plumage,
Entends-tu s’élever le chant du cygne ?
Il entonne son ultime ramage,

Bientôt libéré de l’entrave du corps,
Son cœur mutilé s’épanche en harmonies,
Dans l’Olympe, l’Archange souffle le cor,
Cent harpes d’or joignent la cérémonie,

Dis, l’entends-tu, la Symphonie céleste,
Répondre au cygne, déjà la topaze
Du jour se meurt, et sur le lac ne reste
Que des remous… Un corps froid dans la vase.


Nicolas Reuge