mardi 9 septembre 2008

Au bord du canal



C'est au bord du canal
Qu'on la trouvait, errante,
Tout au bout du chenal,
Au monde, indifférente.

Elle arpentait, sans trêve,
Le sentier de l'écluse,
Là où gisent ses rêves
En mémoire recluse.

Elle embrassait la rive.
Herbes et fleurs sauvages
Partaient à la dérive
Comme verts pâturages.

Elle fauchait le vent
En frappant dans ses mains.
L'écho portait au loin
Un rire de dément.

Il est là son amant,
Englouti sous l'eau noire.
Folle est-elle de croire
Qu'il est toujours vivant.

C'est dans un tourbillon,
Qu'un soir de février,
Dans l'eau a fait des ronds.
Il était éclusier.


Muscaris

1 commentaire:

Jean-Claude a dit…

L'éclusier... bien vu, et belle plume...
A+ JCP