dimanche 14 septembre 2008

De Luxeuil à Lure



Au travers des saisons, plus caha que cahin
Naquit cette légende à deux pas de chez moi.
Entre Lure et Luxueil, au beau milieu des bois,
Se cachait la conscience, qui épie Caën !

Un bel Abel aimait les femmes à belle allure
Mais un prêtre, jaloux, venant se rincer l’œil,
Aurait à la LUXURE, un jour, ajouté L’EUIL
Pour marquer la frontière entre Luxeuil et Lure,

Il restait à prouver, que le jardin d’Eden,
Etait à l’origine de cette luxure !
Quand nous trouvâmes, aussi, entre Luxeuil et Lure,
Dans la mue d’un serpent… Un trognon de golden !

En croquant les pépins, nous sentions sous la dent
Ce petit goût salé émanant de sœur Eve,
Qui prouve qu’elle aurait bien accomplit ce rêve
De finir empalée, au pivot de l’Adam !

Je n’ose imaginer où en serait ma foi
Si elle n’avait songé, le faire plusieurs fois
Pourtant, Dieu proposa que pour l’éternité
La femme souffrirait à la maternité !


Deudeuche

mardi 9 septembre 2008

Au bord du canal



C'est au bord du canal
Qu'on la trouvait, errante,
Tout au bout du chenal,
Au monde, indifférente.

Elle arpentait, sans trêve,
Le sentier de l'écluse,
Là où gisent ses rêves
En mémoire recluse.

Elle embrassait la rive.
Herbes et fleurs sauvages
Partaient à la dérive
Comme verts pâturages.

Elle fauchait le vent
En frappant dans ses mains.
L'écho portait au loin
Un rire de dément.

Il est là son amant,
Englouti sous l'eau noire.
Folle est-elle de croire
Qu'il est toujours vivant.

C'est dans un tourbillon,
Qu'un soir de février,
Dans l'eau a fait des ronds.
Il était éclusier.


Muscaris

Epitaphe



Pour mon enterrement,
Je veux être la seule
A suivre dignement
Mon corps en son cercueil,
Seule Caïn et son oeil
Quand sonnera le glas,
Que quiconque ne soit là,
Point n'ai besoin de roses
Pour qu'enfin je repose,
Et vous les faux amis,
Ecartez-vous d'ici,
Car de vous j'ai appris
Que je suis vilénie,
Epargnez-moi vous prie,
Dernière hypocrisie,
Ma vie est un sépulcre
Et ici point de lucre,
Je suis morte et bien morte
Bien avant ma naissance,
Je ne suis qu'un cloporte
Qui cloque et offense,
J'ai marché à l'aveugle,
Hargarde parmi le peuple,
Mon tombeau sur le dos,
Quêtant effrontément
Une part du gâteau,
J'ai joué à donner
En voulant imiter
Ceux qui savaient offrir,
Ceux qui savaient mentir,
Exultez beaux galants,
Votre oeuvre est achevée,
Lisez votre épitaphe
Qui est ici gravée :
"Elle était trop mauvaise
Elle retourne à la glaise".


Muscaris

vendredi 22 août 2008

L'ivrogne



. . Lorsqu'aux voûtes de leurs pensées
. . S'échauffent des chauves-souris
Chassant les papillons et leurs ailes froissées,
. . La nuit, tous les buveurs sont gris.

. . L'alcoolique est mélancolique :
. . Il abandonne enfin son banc
Et sa colique de pleurs et rires complique
. . L'errance faite en titubant.

. . Il trouve infantile la bière :
. . Tous les chemins mènent au rhum,
Au digne tord-boyaux, escalier de la bière.
. . Ivre, il dit : "Vivre est un pensum".


Eric D.

jeudi 21 août 2008

La Lune fauchée


- Lune, Reine des nuits, qu'attends-tu pour briller ?
- Je suis désargentée, la fin du mois approche !
Votre calendrier trop lent vide mes poches
Et pour me rattraper je n'ai que février.

Mes croissants sont éteints, je me sens nue et moche,
Répondez mes soleils, où êtes-vous passés ?
Là, tu vois plus personne. Ils m'ont laissé tomber.
- Non, les rêveurs sont là, ils admirent tes roches.

- Tu te moques l'ami, mais sais-tu ce que c'est
L'ivresse des regards, étincelants reflets
Qui se posent sur toi ? Le sais-tu mon ami ?

- Oui je le sais princesse et je sais la tristesse
Et l'étrange beauté des divines faiblesses ...
Souris, c'est si charmant quand ta joue s'arrondit.


Chimay

mercredi 20 août 2008

Histoire de fruits et de légumes



C'était un grenadier amoureux d'une orange maltaise,
Il s'installa chez elle, y pris ses quartiers d'été,
Elle donna tout son jus, il faillit exploser,
Et à ce moment là arrivèrent les pépins,
Un citron trop pressé, un melon sur la tête les surpris,
"Mozart est là?" demanda t'il,
La grenade exposa, il y eu des zestes déplacés,
Je n'ose vous en parler,
Le citron confit déguerpit rouge comme une tomate,
Les œufs attirés par le bruit repartirent brouillés,
Le concombre avait peur et dit à l'aubergine :
"Appuie sur le champignon, ça tourne au vinaigre!",
Le panier à salade est arrivé,
Tous ont été assaisonnés,
Et nos deux tourtereaux
Ont fini au basilic !


Polaire

Les forums de poésie

Un nombre considérable de forums de poésie, où chacun peut publier ses poèmes, a fleuri sur le web ces dernières années. Le principe est presque toujours le même : l'auteur poste son poème et les commentaires apportés par les autres membres permettent au poème de remonter dans la liste. Généralement, l'auteur peut répondre aux commentaires, ce qui permet à nouveau de faire remonter le poème. Faute de commentaire, le poème quittera plus ou moins rapidement la première page du forum et ne sera plus lu.
En théorie, ce principe permet aux meilleurs poèmes d'être les plus lus. En pratique, c'est loin d'être toujours le cas : les membres qui commentent le plus les poèmes des autres ont tendance a avoir leur poèmes les plus commentés et quelques poignées de membres fidèles peuvent avoir tendance à s'auto-commenter entre eux et à négliger les textes des nouveaux venus par exemple. Donc en pratique, les poèmes les plus populaires sont loin d'être toujours les meilleurs.
Il n'en reste pas moins que les forums de poésie sont un média de choix pour publier ses poèmes et être lu.
Quatre liens vers des forums de poésie relativement bien fréquentés (en particuler Jepoeme qui l'est le plus et de très loin actuellement) sont donnés sur ce blog à droite (le cinquième l'est beaucoup moins). Si le niveau de fréquentation d'un forum est bien évidemment un critère important de choix pour un poète qui veut être lu, il y a d'autres paramètres plus ou moins importants à prendre en compte : la présentation du forum, l'esprit du forum, etc... A chacun de choisir chaussure à son pied (ou forum à sa rime !). Voici une liste non exhaustive d'autres forums, un peu moins populaires mais qui semblent assez actifs tout de même :
- lespoetes.net
- ecrivainsenherbe.forumculture.net
- outrereve.com
- poemes-poesie.com
- lespoemes.com
- poeme-france.com

mercredi 13 août 2008

Hymne à la vie



Viens fleurir avec moi les sentiers de la vie,
Les sentiers en friches que notre monde ignore,
Ceux qui furent jadis pavés d’argent et d’or,
Puis pillés, ravagés, et tombés dans l’oubli,

Nous ouvrirons la voie dans ces contrées sauvages,
Y bâtirons des temples aux mille colonnes-arbres,
Aux toitures-feuillages et aux statues de marbre
Où la nature est reine et l’homme à son image,

Et en dépit des chaînes qui ravagent nos cœurs,
Au delà de la haine qui s’imprime au fer rouge,
Des terres enténébrées et des mers aux flots rouges,
Nous ouvrirons la voie et chanterons en chœur :

Allez fleurir partout les sentiers de vos vies,
Les sentiers si riches de leurs vivants, leurs morts,
Ceux qui furent jadis pavés d’argent et d’or
Et qui seront bientôt le terreau de l’envie …

L’envie de vivre !


Nicolas Reuge

Note : J'ai dédié ce poème à mon amie Nabrissa.

Critique du critique


Le poète enténébré sublime ses maux et en fait des mots sublimes ; pendant que, sans scrupules, le critique n'y voit que rimaille et pinaille sur un point virgule ...

Nicolas Reuge

Les os verts



Des vers en toc, des vers-breloque,
De la verroterie, du verni,
Du maquillage en poésie,
Des vers vides, sans une ride,
Ca existe...

Du versifié impec, bon pied bonne rime
Mais des vers qui sonnent creux,
Et des vers poussiéreux
Et infectes...

Des vers aigris, du vert-de-gris,
Des vers parasites,
Des vers solitaires, égotiques
J’en écris (si si !)

Du vermifuge à déverser
Sans vergogne
Sur nos versets
Et que verrons-nous ?

Des squelettes ? ou des os verts ?


Nicolas Reuge


Note 1 : Une petite mise au point s'imposait pour commencer. Elle évoque un genre de poésie que vous ne trouverez peut-être pas sur ce blog... Peut-être, car il est difficile de juger impartialement ses propres écrits. S'il vous arrivait, chers lecteurs, d'y trouver de la poésie creuse, sans âme, n'hésitez pas à me prévenir sur le champ ! La rime pour la rime, ce n'est pas ma tasse de thé.

Note 2 : Tous les poèmes publiés sur ce blog sont protégés et appartiennent à leurs auteurs. Ils ne doivent en aucun cas être publiés ailleurs sans le consentement de ceux-ci.