mardi 3 août 2010

Mon égo érotique


Je ne veux racoler,
Avoir cent commentaires,
Mais ma nature enjouée
Me dicte à laisser faire

Ces désirs qui se veulent
Couchés sur le papier ;
Je ne suis pas bégueule :
Je vais vous raconter...

Ce désir qui me prend
Au détour de null' part,
Il vient et me surprend
Du bout d'un des regards

Que l'on porte sur moi,
Sur fesses rebondies
Ou de plus haut endroit :
Mes petits seins soumis...

Je n'me sens pas bien fière
Mais je suis dans mon antre,
Si vous saviez la guerre
Qui se joue en mon ventre...

Ca gliss' de bas en haut
Et tout mon corps appelle,
Les frissons de l'égo
Me font pousser des ailes !

C'est mon corps qui se dresse,
Se tend vers le désir
De ces mains qui se pressent :
Mon plaisir est empire...

Il glisse lentement
Au plus profond de moi,
Les doigts vont s'affairant,
J'aime ce désarroi,

Cet éblouissement,
Rafal' de douces bombes
Et cet envoûtement
Aimé d'où je succombe...

Sens en dessus-dessous,
Les tissus de soi(e) glissent,
Je suis femme à genoux
Devant ce doux supplice ;

Tout est chaud et humide,
Je suis en abandon,
Je suis une flamme vide,
Une poupée de chiffon ;

Je suis très sensitive
Et je montre ma joie,
Je suis comme l'eau vive
Qui bruit fort quelquefois...

Visage qui se crispe
Je suis à fleur de peaux
Puis mon corps se décrispe
Quand je monte si haut...

Je ne veux racoler,
Avoir cent commentaires,
Mais ma nature enjouée
Ne m'intim' de me taire...


Gradiva

Larmes de lait


Violons accordés, trêve de bavardages,
Le vérin hydraulique se met en branle,
Sous la mousse, des ressorts s’ébranlent,
La houle se creuse, tu t’accroches au bastingage,

Des pièces s’entrechoquent, faites du même alliage,
La montée de sève dans un tronc fier dressé
Soudain jaillit et tu pares au plus pressé :
Des larmes de lait perlent sur ton visage.

La messe est dite… et tu souris.


Nicolas Reuge

vendredi 30 juillet 2010

Le requiem des anges


Fanatiques Vertus, vous pleurez ? C’est tant mieux !
Jérusalem a froid, cette ville me hante,
Dites-moi, Chérubins dont les cœurs sont si vieux,
Votre Père est-Il sourd ? Nazareth se lamente !

« Non » me répondent-ils, des larmes dans les yeux,
« Dieu n’est qu’une tempête orageuse et battante,
Un Archange éternel tombé trop loin des cieux,
Une croix de granit immortelle et sanglante. »

Séraphins enivrés sous la Lune blafarde,
Que vous me semblez noirs et puissants à la fois !
Vos armes sont rouges de la pointe à la garde.

Devrons-nous aimer Dieu jusque dans son exil ?
« Oui » me répondent-ils, des sanglots dans la voix,
« Si Dieu n’était pas là, que nous resterait-il ? »


Agarwaen

Le chant du cygne


Entends-tu s’élever le chant du cygne ?
Ce chant dernier caresser les étoiles,
L’entends-tu ? Vois, les Séraphins se signent,
La lune se meurt, la Vierge se voile,

L’aube dernière illumine les cimes,
Le bel oiseau ébroue son blanc plumage,
Entends-tu s’élever le chant du cygne ?
Il entonne son ultime ramage,

Bientôt libéré de l’entrave du corps,
Son cœur mutilé s’épanche en harmonies,
Dans l’Olympe, l’Archange souffle le cor,
Cent harpes d’or joignent la cérémonie,

Dis, l’entends-tu, la Symphonie céleste,
Répondre au cygne, déjà la topaze
Du jour se meurt, et sur le lac ne reste
Que des remous… Un corps froid dans la vase.


Nicolas Reuge

vendredi 27 novembre 2009

L'orthographe


Le monde culturé s’agite et réfléchit
En remettant en cause l’écrit si défraîchit.
Les uns, les plus pédants, agitent de grands poncifs,
En déclinant, butors, l’imparfait du subjonctif.
Certains plus primitifs causent en phonétique
En l’écrivant de même à l’envers de l’éthique.
Parlons en donc de ce parfait langage,
Dont l’école de Ferry a fait notre bagage.
Que de choses bizarres nous pouvons y trouver :
Comment donc expliquer que chariot prend qu’un R,
Et charrette en a deux pour lui donner bel air.
Ou que dans la forêt le cerf a un cuissot
Et dans la cuisine le veau devient cuisseau ?
Ou encore au prud’homme, le patron est très mal
Et que la sentence, elle, devient prud’homale.
Je baye aux corneilles et d’ennui je baille
Des aulx se transforment, au singulier, en ail.
L’on peut à l’infini, trouver ces choses étranges,
User de sa cervelle, c’est un sacré challenge.


Moralité :
Pourquoi faire simple
quand on peut faire compliqué.


MONDOLIUS

Mon Tombeau


Mon tombeau est ouvert,
Déjà un pied dedans,
Mais l’autre est à la traîne…

Mon tombeau est tout vert,
C’est un tertre vacant,
Vivement que je l’étrenne,

Mon tombeau est couvert
D’un beau buisson ardent :
Feu divin ou géhenne ?

Mon tombeau de trouvère,
Je l’avoue bien tentant,
Mais toujours un pied traîne…

Mon tombeau tout en vers,
En rimes, a du mordant :
Chez les morts il m’entraîne,

Mon tombeau cet hiver,
Est par trop impatient :
Je m’en vais l’âme en peine,

Et à tombeau ouvert,
Rejoindre les vivants !
Mais déjà un pied traîne…


Nicolas Reuge

mardi 5 mai 2009

Poulet aux choux de bruxelles


Décuire le poulet
Le débadigeonner
Enlever la ficelle
Et les choux de Bruxelles

Lui dé-couper le cou
Et boire un petit coup
À sa bonne santé
Rendre la liberté

Au poulet caquetant
Au poussin hésitant
Lorsqu'il redevient neuf
Le remettre dans l'œuf

...

Et faire une omelette.


Mr. M.