mardi 5 mai 2009

Poulet aux choux de bruxelles


Décuire le poulet
Le débadigeonner
Enlever la ficelle
Et les choux de Bruxelles

Lui dé-couper le cou
Et boire un petit coup
À sa bonne santé
Rendre la liberté

Au poulet caquetant
Au poussin hésitant
Lorsqu'il redevient neuf
Le remettre dans l'œuf

...

Et faire une omelette.


Mr. M.

dimanche 22 février 2009

Poètes de tous les temps


Ô poètes de tous les temps,
Aux cœurs brisés, aux cœurs battants,
Âmes sensibles et anges déchus,
Un lourd fardeau vous a échu :

Traquer l’amour au fond des gouffres
D’où n’exhalent qu’odeurs de soufre,
Troquer les ténèbres de fer
Contre des oiseaux de lumière,

Ô poètes de tous les temps,
De paix, de guerre, les résistants
C’est vous, poètes ! Soyez forts !
Votre fragilité vaut de l’or,

C’est quand en vous le monde s’écroule,
Qu’autour de vous l’ennui s’enroule,
Que dans vos abyssales peurs,
Un trait scinde le vrai du trompeur,

Ô poètes de tous les temps,
Aux cœurs brisés, aux cœurs battants,
Troquez les ténèbres de fer
Contre des oiseaux de lumière.


Nicolas Reuge

La naissance du vice


Un cocon de soie noire

Suspendu au néant,

Toujours s’enténébrant,

Vint à éclore un soir,


La bête de malice

Aux nombreux appendices,

Considérant le monde

Et sa nature féconde

Dit : « Ce lieu est propice

A toutes sortes de vices ».


Sans autre préambule,

De ses dix mandibules,

La bouche de Lucifer

Croqua vite dans la Terre.



Nicolas Reuge

dimanche 14 septembre 2008

De Luxeuil à Lure



Au travers des saisons, plus caha que cahin
Naquit cette légende à deux pas de chez moi.
Entre Lure et Luxueil, au beau milieu des bois,
Se cachait la conscience, qui épie Caën !

Un bel Abel aimait les femmes à belle allure
Mais un prêtre, jaloux, venant se rincer l’œil,
Aurait à la LUXURE, un jour, ajouté L’EUIL
Pour marquer la frontière entre Luxeuil et Lure,

Il restait à prouver, que le jardin d’Eden,
Etait à l’origine de cette luxure !
Quand nous trouvâmes, aussi, entre Luxeuil et Lure,
Dans la mue d’un serpent… Un trognon de golden !

En croquant les pépins, nous sentions sous la dent
Ce petit goût salé émanant de sœur Eve,
Qui prouve qu’elle aurait bien accomplit ce rêve
De finir empalée, au pivot de l’Adam !

Je n’ose imaginer où en serait ma foi
Si elle n’avait songé, le faire plusieurs fois
Pourtant, Dieu proposa que pour l’éternité
La femme souffrirait à la maternité !


Deudeuche

mardi 9 septembre 2008

Au bord du canal



C'est au bord du canal
Qu'on la trouvait, errante,
Tout au bout du chenal,
Au monde, indifférente.

Elle arpentait, sans trêve,
Le sentier de l'écluse,
Là où gisent ses rêves
En mémoire recluse.

Elle embrassait la rive.
Herbes et fleurs sauvages
Partaient à la dérive
Comme verts pâturages.

Elle fauchait le vent
En frappant dans ses mains.
L'écho portait au loin
Un rire de dément.

Il est là son amant,
Englouti sous l'eau noire.
Folle est-elle de croire
Qu'il est toujours vivant.

C'est dans un tourbillon,
Qu'un soir de février,
Dans l'eau a fait des ronds.
Il était éclusier.


Muscaris

Epitaphe



Pour mon enterrement,
Je veux être la seule
A suivre dignement
Mon corps en son cercueil,
Seule Caïn et son oeil
Quand sonnera le glas,
Que quiconque ne soit là,
Point n'ai besoin de roses
Pour qu'enfin je repose,
Et vous les faux amis,
Ecartez-vous d'ici,
Car de vous j'ai appris
Que je suis vilénie,
Epargnez-moi vous prie,
Dernière hypocrisie,
Ma vie est un sépulcre
Et ici point de lucre,
Je suis morte et bien morte
Bien avant ma naissance,
Je ne suis qu'un cloporte
Qui cloque et offense,
J'ai marché à l'aveugle,
Hargarde parmi le peuple,
Mon tombeau sur le dos,
Quêtant effrontément
Une part du gâteau,
J'ai joué à donner
En voulant imiter
Ceux qui savaient offrir,
Ceux qui savaient mentir,
Exultez beaux galants,
Votre oeuvre est achevée,
Lisez votre épitaphe
Qui est ici gravée :
"Elle était trop mauvaise
Elle retourne à la glaise".


Muscaris

vendredi 22 août 2008

L'ivrogne



. . Lorsqu'aux voûtes de leurs pensées
. . S'échauffent des chauves-souris
Chassant les papillons et leurs ailes froissées,
. . La nuit, tous les buveurs sont gris.

. . L'alcoolique est mélancolique :
. . Il abandonne enfin son banc
Et sa colique de pleurs et rires complique
. . L'errance faite en titubant.

. . Il trouve infantile la bière :
. . Tous les chemins mènent au rhum,
Au digne tord-boyaux, escalier de la bière.
. . Ivre, il dit : "Vivre est un pensum".


Eric D.